Le secret du dentiste low cost en France
Un bel objectif
En France, le tarif des prothèses dentaires est libre, les dentistes peuvent donc les facturer le prix qu’ils estiment juste. Les prothèses sont prises en charge par l’Assurance Maladie sur la base de 70 % du « tarif d’autorité » qui est largement inférieur à son coût réel. En général, le patient français paye entre 500 et 700 euros pour une couronne tout en céramique qui sera remboursée ensuite 75,50 euros par l’assurance-maladie. Ceux qui n’ont pas les moyens à payer une telle somme ont deux options : aller en Hongrie ou renoncer aux soins dentaires. L’apparition des centres dentaires low cost (tels que Dentexia, Dentifree, Adentis, Dentalvie etc.) offre une solution à ce dilemme : il s’agit pour la plupart des associations, ayant pour objet de « favoriser l’accès aux soins dentaires pour tous et notamment aux personnes les plus démunies ».
La promesse de soins dentaires a des prix cassés
Dans ce contexte, ce n’est pas surprenant que le dentiste low cost privilégie les grosses opérations et donc les plus rentables: les prothèses et les implants. Pour un dentiste français qui travaille à des prix cassés, la tentation est grande de réaliser des « surtraitements », c’est-à-dire soigner des dents qui n’en ont pas besoin. C’est ainsi qu’un patient CMU peut repartir de son dentiste low cost avec dix nouvelles couronnes, même s’il n’avait que trois dents cassées ou cariées.
Course à la rentabilité
Pour améliorer le rendement, travail est exécuté quasiment à la chaîne chez les dentistes low cost. Les patients sont traités en un minimum de séances, lesquelles peuvent durer plusieurs heures. Le dentiste low cost délègue toutes les tâches non médicales, administratives ou logistiques à des assistants et des secrétaires. Le centre dentaire low cost est avant tout une entreprise à rentabiliser. Le chiffre d’affaires est suivi de très près et chaque dentiste salarié est tenu à des objectifs chiffrés. Le dentiste low cost est donc bien loin du professionnel de santé dont le but est de soigner, conseiller, et de guider le patient dans les solutions les plus adaptées à ses problèmes dentaires.
Comment s’expliquent ces tarifs compétitifs ?
Le dentiste low cost fait des économies d’échelle en achetant les produits et équipements en gros. Quant aux prothèses, il les fait fabriquer entre autres en Chine, en Turquie et au Maroc, pour réduire leur prix. L’éloignement ne permet pas une collaboration suivie entre le prothésiste et le dentiste. En cas de défaut d’ajustage, on se doute qu’une couronne ou une prothèse low cost ne sera pas renvoyée au laboratoire chinois. Même s’il ne s’agit qu’un défaut de soudure ou de coulée, il faut savoir que ces petites imperfections peuvent entrainer la rupture ou la corrosion de la prothèse. Le patient risque de se faire poser une prothèse de mauvaise qualité aux finitions médiocres et peut-être même, inadaptée à sa bouche.
Il faut savoir à ce propos que les prix des implants et des pièces prothétiques peuvent varier du simple au quadruple en fonction de plusieurs facteurs : qualité, précision en micron de la fabrication des pièces, fiabilité de la société qui fabrique l’implant afin d’assurer la garantie et le service. Tout cela a forcément un coût qui se répercute sur les tarifs proposés.
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